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L’Or et l’Obscurité : vie tragique et glorieuse du meilleur boxeur colombien

C’est l’histoire d’un peuple qui se cherchait une idole. C’est l’histoire d’un gamin qui est passé de la pauvreté à l’opulence, de l’indifférence à la gloire. C’est l’histoire d’un sport, qui est en fait beaucoup plus que cela. Le seul, d’ailleurs, auquel « on ne joue pas ». L’Or et l’obscurité parle de Boxe.

Lassé de cirer les pompes, il traîne les siennes vers une salle de boxe. Antonio Cervantes naît dans le village pauvre de San Basilio de Palenque, passe de la Colombie au Vénézuela et aperçoit le monde entier pour y distribuer des coups de massues. L’afro-colombien deviendra prophète en son pays, en 106 combats pour 91 victoires dont 45 par K.O. Pas mal pour un vendeur de cigarettes de contrebande qui ne brillait pas particulièrement en début de carrière.

« Quand on vient au monde avec un talent pareil, c’est au prix de son âme. »

Mais s’il est encore vivant aujourd’hui, celui que l’on surnommera assez tôt « Kid Pambelé » a regagné l’abîme d’où il venait. Du moins, dans le cœur des colombiens. Par ses frasques et ses excès de colère, l’idole n’est plus. Dommage d’être devenu légende avant de mourir mais de sombrer quelques années plus tard au point d’être perçu comme un pestiféré.

« C’est ça le problème de mon père, dit Rubén. Il ne veut pas accepter qu’il n’est plus champion du monde. Les médecins et plusieurs personnes qui le connaissent nous ont dit que c’était ce qui lui faisait le plus de mal. »

Ce n’est pas un boxeur qui a ravi la couronne de Kid Pambelé, mais des ennemis infiniment plus coriaces. Les drogues et l’alcool lui ont tout pris. Pauvre et loin du show-biz, il avait au moins sa dignité. Heureusement, quand il est net, le Kid c’est un type bien. Ce n’est pas sa famille qui dirait le contraire. Cette dualité est magnifiquement contée. Le premier champion du monde que la Colombie a vu naître nous apparaît fougueux, insaisissable, abattu, glorieux, mystérieux, ridicule… Toujours touchant. Tout cela pour un seul homme. C’est à travers des entretiens avec son entourage que l’on en apprend le plus. Le journaliste colombien d’Alberto Salcedo Ramos a enquêté 2 ans au plus près de ceux qui ont connu le boxeur. Et ils sont nombreux.

On comprend assez vite le problème : Kid Pambelé est mort avant Antonio Cervantes. Il ne cesse de venir le hanter en lui rappelant sa gloire passée. L’histoire réelle qu’Alberto Salcedo Ramos nous raconte est celle d’un gamin qui s’est arraché de la misère avec ses poings. Tout aurait pu lui sourire. On tente de rassembler les pièces du puzzle mais la Colombie toute entière a envoyé un coup de pied dans ce qu’il restait. Tout nous rappelle l’Amérique Latine. Tout nous rappelle la boxe.

Le style mêle littérature et journalisme. Le réel est la matière première d’Alberto Salcedo Ramos. Il la travaille, la questionne, la remue, avec un franc parlé assez rare. Inutile de préciser que le journalisme narratif convient particulièrement bien à la boxe.

L’Or et l’Obscurité c’est aussi un objet. L’édition est réalisée avec un grand soin. Le graphisme et les typos frappent fort et la couverture met K.O. au 1er round coup d’œil.

Fans de boxe, d’histoires vraies, d’Amérique Latine… allez-le choper !

 

L’Or et l’Obscurité La vie glorieuse et tragique de Kid Pambelé

Quand j’étais petit, je ne perdais pas mon temps à regarder Superman ou Tarzan : mon vrai super-héros, c’était Pambelé.

Alberto Salcedo Ramos

lor-et-lobscurite-la-vie-glorieuse-et-tragique-de-kid-pambeleL’Or et l’Obscurité

La vie glorieuse et tragique de Kid Pambelé

par Alberto Salcedo Ramos

traduit de l’espagnol (Colombie) par Cyril Gay

Marchialy, Septembre 2016.

Illustration et graphisme : Guillaume Guilpart

Acheter le livre.

 

 

Antonio « Kid Pambelé » Cervantes a détenu le titre mondial WBA des super-légers pendant près de 8 ans (1972-1976, 1977-1980). Il a disputé 21 combats titre mondial en jeu et fait partie de l’International Boxing Hall of Fame depuis 1998. Il devient champion du monde des super-légers WBA en 1972 en battant Alfonso Frazer par KO à la 10e reprise puis défend dix fois sa ceinture au cours des quatre années suivantes. En 1976, il est battu aux points par Wilfred Benitez. L’année suivante, il récupère sa ceinture par une victoire au 6e round contre Carlos Maria Gimenez. Il détient son titre pendant 3 ans avant d’être déchu par Aaron Pryor en 1980.

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