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Un arrêté ministériel met K.O. les adeptes de MMA

Nouvelle déception pour les adeptes de MMA : un arrêté ministériel vient d’être publié pour interdire très clairement la tenue de compétitions. Le sort du MMA en France est assez flou, particulièrement avant la remise du rapport parlementaire le 8 novembre, et cet arrêté ne va absolument pas dans le sens du dialogue et du respect.

Publié au Journal Officiel le 23 octobre, mais datant du 3 octobre, l’arrêté vise à définir les « règles techniques et de sécurité applicables aux manifestations publiques de sports de combat ». On comprend assez facilement que le MMA, sans jamais être nommé, est directement visé.

Extraits :

« 1. L’aire de combat
« Les combats se déroulent sur un tapis ou sur un ring à 3 ou 4 cordes.

« Les techniques strictement interdites qui entraînent la disqualification immédiate des sportifs sont les suivantes :

«-les coups de poings, coups de pieds, coups de coudes et coups de genoux visant un combattant au sol ;
«-les coups de coudes (visant n’importe quelle cible et dans toutes les positions) ;

Cet arrêté est aussi un coup bas pour les parlementaires Patrick Vignal et Jacques Grosperrin. Bien qu’ayant croisé Thierry Braillard (secrétaire d’Etat chargé des Sports) dans les couloirs de l’Assemblée, ils n’ont pas été tenus au courant. (Source : L’Express) La remise de leur rapport sur le MMA est prévu pour le 8 novembre. Cet arrêté vient court circuiter leur travail de longue haleine : plus de 6 mois d’entretiens et de rencontres avec des sportifs, médecins et un grand nombre d’acteurs du milieu du MMA.

Issue incertaine

Si l’on est optimiste, on peut avancer que cet arrêté vise les disciplines non régies par une fédération délégataire. Imaginons alors que le rapport des parlementaires préconise la création d’une fédération (ce qui est prévisible) : plus de problème ! Le MMA serait encadré par une véritable fédération délégataire et ne serait plus tributaire de cet arrêté.

Sauf que ce n’est pas si simple. Le rapport n’a pas de valeur juridique et rien n’indique qu’il sera suivi. Dans le cas où il le serait, la mise en place d’une fédération délégataire est un processus assez long. Difficile d’imaginer une fédération délégataire du service public mise en place en moins de 3 ans !

L’ironie de cet arrêté c’est qu’il démontre bien que les compétitions de MMA n’étaient pas interdites.  Tatiana Vassine, avocate en Droit du Sport, l’avait répété à maintes reprises et souligne maintenant les incohérences juridiques de l’arrêté sur son site. Les organisateurs du Cage Encounter 4, en septembre 2015, n’avaient d’ailleurs jamais été inquiétés. Imaginez, chers fans de MMA, tous les galas de MMA que l’on aurait pu organiser avant la publication de cet arrêté !

Le 19 septembre au Cirque d’Hiver à Paris, le premier gala d’envergure international autorisant les frappes au sol et la surface grillagée s’était d’ailleurs parfaitement déroulé. (Photo de couverture : Faycal Hucin avait gagné par soumission au 1er round contre Baudin Egoluev)

Le mépris des pratiquants

Parmi les pratiquants et fans de MMA, la colère monte. Qui aimerait voir son sport qualifié de « contraire à la dignité humaine » ? Qui aimerait la publication d’un obscur arrêté qui interdit sans nommer et remet en cause une mission parlementaire de consultation ? Les pratiquants sont estimés entre 30 000 et 50 000. Le sentiment d’être méprisé est particulièrement présent chez nos compétiteurs. Karl Amoussou, l’un de nos meilleurs représentants, a déclaré être prêt à combattre pour le drapeau Allemand (il a une double nationalité) si la situation n’évolue pas.

« Je n’ai jamais accepté et n’accepterai jamais d’être traîné dans la boue; je n’ai jamais accepté que l’on m’insulte. Or la décision qui vient d’être prise est une insulte directe à toute la communauté du MMA. » (Suite à lire sur Onlike).

Le 8 novembre et les semaines qui suivent vont être déterminantes pour l’avenir du MMA. Si le milieu  se structure efficacement et conteste l’arrêté, tout peut évoluer.

Le combattant Karl Amoussou et son frère Bertrand Amoussou, Président de la CFMMA.

Le combattant Karl Amoussou et son frère Bertrand Amoussou, Président de la CFMMA.

 

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