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Karl Amoussou : «J’ai vraiment faim ! Faim de victoires, faim d’UFC»

Le 18 février à Londres, le franco-allemand Karl Amoussou combattra pour la ceinture mondiale du Cage Warriors chez les welters. Devant lui, l’anglais Matt Inman, un fidèle de l’organisation, qui a levé le bras 19 fois pour  27 combats. Un combattant qui n’est pas à prendre à la légère. Professionnel depuis 8 ans, il a gagné 9 combats par KO et 8 par soumissions. Karl est lui sur une série de 6 victoires avant la limite dont 5 obtenues au cours du 1er round. Il continue de faire le ménage en Europe, de manière explosive, et avec un seul but : intégrer l’UFC. 

J’ai rendu visite au « Psycho » au MMA Factory, la dream team du MMA français, pour faire le point.

ULTRA-DETER

Un vendredi comme les autres au MMA Factory. Taylor Lapilus pousse de la fonte avec son pote Yannick De Buffrenil, son fréro Damien enchaîne les exercices avec son préparateur physique Manuel Dessalces en vue de son combat pour le titre du BAMMA le 24 février et, sur le tapis principal, le groupe des pros -77kg achève un cours de grappling avec le coach Olivier Michailesco. Parmi eux Karl Amoussou, qui a bien voulu répondre à mes questions.

FightVOX / Fred Jasseny : Nous sommes à une semaine de ton combat pour le titre mondial du Cage Warrior. Dans quel état d’esprit tu es et que représente ce titre pour toi ?

Karl Amoussou : Je suis super déterminé. Je vais là-bas pour faire mal, pour prendre une grosse victoire avec un finish retentissant. J’ai une mission et je vais l’accomplir !

Ce titre est un tremplin. Derrière, j’aspire à l’UFC, on le sait tous. Je pense que j’ai fait plus que mes preuves maintenant. Je suis certain que si je prends cette ceinture – et je vais la prendre – j’irai ensuite à l’UFC.

Tu ne te vois pas défendre cette ceinture ?

Non. Je ne décide pas de tout, mais la logique voudrait qu’après cela j’aille à l’UFC. Ce serait ma 7ème victoire consécutive, avec que des finishs sur les 6 dernières dont 5 au premier round. Je suis passé 62ème mondial et le meilleur européen en dehors de l’UFC. Cela fait beaucoup de raisons pour lesquelles je devrais déjà y être.

«J’ai vraiment faim ! Faim de victoires, faim d’UFC»

Où est-ce que tu puises cette détermination après déjà 10 ans de carrière professionnelle ?

Je suis un mort de faim ! J’ai un objectif et tant que je ne l’aurai pas atteint je ne lâcherai pas. Ce n’est pas comme le cas d’un mec qui s’accrocherait bêtement à un but même en voyant qu’il n’y a pas de possibilités. Dans mon cas, je touche mon but du bout des doigts. J’ai toutes les raisons de m’y accrocher. J’ai vraiment faim ! Faim de victoires, faim d’UFC. Je vais aller chercher cela.

Ton adversaire a lui aussi pas mal de victoires avant la limite. Comment est-ce que tu peux nous le présenter ?

Il est fort. Il mérite de combattre pour cette ceinture. C’est un adversaire valeureux et redoutable. Il est assez complet, bon au sol et debout. Mais je suis meilleur que lui, partout.

On va faire un beau combat ! Je le définirai simplement comme un combattant courageux, il va à la guerre. Et ça tombe bien pour lui, il l’aura ! (rires).

Il y a quelques années, on te connaissait surtout pour ton travail au sol, avec des soumissions variées et plus récemment on te voit finir des combats par KO. Que-ce que tu as changé dans ta façon de t’entraîner ?

Les années ont fait que j’ai progressé. Et surtout, c’est grâce à la qualité des entraînements au MMA Factory. Tout simplement. Au MMA Factory, on a des coachs incroyables. Il y a bien sûr Fernand Lopez. Il m’a fait remonter en flèche depuis que je l’ai rejoint. J’ai aussi un super coach de boxe, John MBumba (5e au JO de Pékin). Pour le sol on a Thomas Loubersanes, qui a un niveau incroyable. On a aussi Olivier Michailesco qui a fait le cours aujourd’hui, Lurie Bejenari pour la lutte, Kamel Khalfi pour le management. Au niveau de la préparation physique, Bakary Sissako fait un travail formidable.

Cette équipe fait le combattant que je suis aujourd’hui. Je tiens vraiment à le souligner. Il y a bien sûr les qualités naturelles mais cela ne fait pas tout. Et j’ai envie de dire que 50% de ce que je suis aujourd’hui, je le dois à mon équipe et surtout à Lopez. C’est très important de le spécifier. Si aujourd’hui on est arrivés quelque part c’est grâce à eux.

«Il faut aller chercher ses zones d’inconfort pour en faire des zones de confort.»

Photo : Xavier Revuelta

Mais plus concrètement, comment progresses-tu au quotidien sur les plans physiques et techniques ?

Je travaille depuis 3 ans et demi avec Bakary. Il a fait en sorte que mon cardio progresse vraiment grâce à un travail spécifique. Avec un meilleur cardio, je suis plus à l’aise sur ma boxe, etc. C’est un tout ! Je suis aussi suivi par un coach en développement personnel pour la préparation mentale : Benjamin Baroukh-Ebstein.

Tout est fait pour que mon encadrement me permette d’aller là où je veux aller.

Pour progresser sur le plan technique, je pense que la clé est l’humilité, d’une certaine façon. Quand tu crois que tu es « arrivé », pour moi tu as tout perdu. Mais quand tu sais que tu as encore tout à apprendre, c’est là que tu avances. C’est une remise en question. Il suffit simplement de te dire « je ne suis pas le meilleur ». Tu peux te frotter à des combattants qui vont te faire mal dans un domaine, et puis te dire « ok, je vais progresser ». Je peux donner un bon exemple. Nassourdine Imavov, un petit jeune qui pour moi représente le futur et pourrait tutoyer les sommets d’ici très peu de temps, m’a posé des problèmes dans un domaine particulier du combat.

Karl et Nassourdine à l’entraînement.

Je ne dirai pas dans quel domaine mais il m’a vraiment posé des difficultés. Alors qu’est-ce que j’ai fait ? Je suis allé le chercher et je lui ai dit « Nassour, je ne vais plus te lâcher ! » Et on a bossé pour la préparation de mon combat ! Je n’ai pas eu une réaction d’égo, au contraire je me suis dit « Ok, tu m’as fait mal alors je vais aller te chercher. Je vais te dépasser. Et si je ne te dépasse pas alors on montera tous les deux !» C’est comme cela que je progresse. C’est cela pour moi le MMA Factory. Il y a une ambiance particulière qui fait que tu deviens un meilleur combattant. Il faut aller chercher ses zones d’inconfort pour en faire des zones de confort.

 

 

Après toutes ces années de haut niveau et ton expérience au Bellator, la remise en question était essentielle ?

Si tu restes là où tu es, les mecs vont te battre ! Si tu veux rivaliser avec les meilleurs il faut chercher à devenir le meilleur.

J’ai beaucoup évolué depuis mes débuts. Onze ans en arrière, je ne savais pas donner un coup de poing… Maintenant je mets des KOs.

Est-ce que tu suis les combattants au top de ta catégorie à l’UFC ? Et si oui, quel est ton pronostic pour la revanche entre le champion Tyron Woodley et Stephen Thompson ?

Non non, c’est ma catégorie, je veux l’UFC, mais je ne suis pas les combattants… (rires)

Ce n’est pas facile, Woodley a l’avantage de la puissance, Thompson celui de la technique. J’ai envie de dire Thompson, même si Woodley peut terminer le combat sur un coup. J’aime bien Thompson, ce genre de combattant intelligent et très technique.

Et pour ton combat contre Matt Inman, un pronostic ?

Un KO ou une soumission.

«Si le combat va au sol, je le soumets, s’il reste debout je l’endors.»

Quel round, soit précis s’il-te-plait (rires) ?

Non je ne peux pas te dire avec précision parce que je ne suis pas Connor McGregor. Lui est tellement fort en boxe qu’il peut dire « je vais mettre KO ce mec-là, à tel round, parce que j’ai un one-punch-knock-out ». Moi je n’ai pas de one-punch-knock-out. Je peux mettre KO mais en débordant, en faisant mal, en harcelant… Je peux aussi soumettre de manière explosive, en une seconde. Je peux faire ce choix entre le KO ou la soumission. Je peux aller n’importe où et faire mal. Donc peu importe, si le combat va au sol, je le soumets, s’il reste debout je l’endors. S’il faut faire les 5 rounds alors je les ferai et gagnerai à la décision.

Merci Karl et bonne chance pour le 18.

Merci à toi, c’est un plaisir.

Rendez-vous le samedi soir pour un combat qui promet d’être explosif. Il est notamment diffusé sur l’UFC Fight Pass.

Les deux photos de Karl Amoussou et Fernand Lopez à l’entraînement sont l’oeuvre du photographe Xavier Revuelta et sont publiées ici avec son autorisation. Vous pouvez retrouver son travail sur sa page facebook : Xav Rev.

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